vendredi 16 mai 2008

Potosi et ses mines

Apres le paradis du sud bolivien, me voila dans une toute autre realite. La ville de Potosi est situee a plus de 4100m d’altitude et sa vraie particularite vient de ses mines. En effet, ces dernieres existent depuis avant l’epoque coloniale (1500) et sont encore aujourd’hui utilisees.

Les mines de Potosi qui font vivre toutes les familles de Potosi

Afin que les touristes se rendent comptent au mieux du travail dans les mines, des « excursions » sont organisees. Ces tours sont d’ailleurs malheureusement bien mal vendus puisque nous nous attendons plus a une attraction et a un bon moment plutot qu’a ce qui nous attend.

En effet, apres nous avoir bien deguises, nous partons acheter quelques presents sur le marche des mineurs. Les cadeaux les plus apprecies sont la dynamite, les sodas, les fameuses feuilles de coca, les cigarettes et ce que je me suis refusee a acheter, de l’alcool a 96degres dont ils boivent 10cl par jour...


Le bon deguisement de touriste, mais tout s'est avere bien utile

Vient ensuite le tour dans les mines. Comme bonne touriste, je m’attends a des galeries vides et amenagees pour les touristes. Mais rien de cela. Bien au contraire. La galerie que nous visiterons est belle et bien toujours en service. Les tunnels sont a la taille des boliviens, c’est a dire tres petite, tres etroites. Les premieres galeries sont a plus de 4200m d’altitude. Nous avons un fichu pour respirer au minimum la poussiere et de ne pas trop souffrir de l’odeur de tous ces mineraux qui sont extraits. Mais avec l’altitude, et le fait d’etre dans une galerie, l’air est relativement rare et donc la respiration est tres dure avec le fichu. Nous avons donc deux choix : se bruler la gorge avec les odeurs et la poussiere ou bien etouffer avec le fichu... Et bien sur, tout cea empire fortement des que l’on commence a descendre sous terre dans des tunnels ou nous sommes obliges de ramper. Et c’est la, tout au bout d’une minuscule galerie que nous tombons sur un mineur... 13ans ! Je n’arrive pas a decrocher mes yeux de ce gamin. Un peu plus loin, un autre de 18ans, a genou, torse nu avec son marteau et son burin. Aujourd’hui, il va travailler 24h d’affilee...

En remontant, on voit les chariots achemines par les hommes, deux devant, deux derriere. Les galeries sont juste assez etroites pour les chariots et nous sommes obliges de nous jeter contre les paroies puisqu’il est hors de question qu’ils ralentissent. Tous chiquent les feuilles de coca. Environ 400 feuilles par demie journee qu’ils gardent dans la joue comme les hamster. Cette coca leur enleve la soif, la faim, la fatigue et quelque part aussi un peu la vie. Ici, on a l’impression d’etre un peu des voyeurs, nous, occidentaux, avec notre argent qui venons voir les autres travailler et se tuer a la tache. Parce qu’il faut le dire, la moyenne d’age d’un mineur ne depasse pas les 43ans...

Les hommes en train de pousser le chariot, avec juste "un peu" de poussiere...

La visite dans les mines de Potosi vaut vraiment le coup, une seule fois suffit. C’est une experience vraiment interessante mais tres perturbante et tellement poignante. Les enfants que nous avons croises ce jour dans les galeries sont loin d’etre des exceptions. Pour plus d’info et mettre en image cette visite, je conseille « The Devil’s Mine », documentaire tres interessant filme a Potosi et d’une rare justesse.

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